Vérités sur le mensonge du non-verbal

En 2008, Pascal Lardelier, professeur en sciences de l’information à l’université de Bourgogne, publiait un ouvrage intitulé : « Arrêtez de décoder : pour en finir avec les gourous de la communication ». Il y dénonce la mainmise de certains « experts » auto-proclamés de la communication non-verbale qui ont investi, ces dernières années, le terrain de la formation professionnelle à coup de théories pseudo-scientifiques dont les fondements sont quasi-nuls, affranchis de toute épreuve scientifique.

Le constat est identique en matière de psychologie du mensonge. Pléthore « d’experts » – souvent les mêmes d’ailleurs que ceux cités par le professeur Lardelier – vantent et vendent les mérites de ce qui est souvent leur propre méthode, qui pour ne pas être plagiée, est protégée de l’estampille d’un « copyright ». Mais la science, la connaissance et le progrès ne doivent pas être séquestrés, ils doivent être partagés au plus grand nombre.

 

Pratiquement tous ces « experts » en détection du mensonge ont en commun de diffuser le message de la suprématie du comportement non verbal pour détecter de façon quasi infaillible les menteurs. Je vais vous sensibiliser sur les fondements de ce qui est et restera un mythe : l’analyse du comportement non-verbal pour rechercher la vérité est un outil infaillibleLoin de tout cela, c’est même souvent le contraire ! Je vais dans cet article vous proposer quelques pistes de réflexions, non pas pour « détecter » le mensonge, mais pour le rendre plus compliqué. Avant de commencer, tordons le cou à certaines idées reçues.

« Cherche et tu trouveras… ». J’ai beaucoup cherché et je cherche encore, mais c’est la psychologie qui m’a permis de trouver. Cette discipline offre et produit à ce jour le champ d’études de ce qui est probablement le plus vaste corpus de recherches sur le mensonge. Celles-ci se déclinent en deux familles, celles qui s’intéressent à la production du mensonge, autrement dit la manière et de mentir, et celles qui s’intéressent à la perception du mensonge, c’est-à-dire comment l’identifier ou comment les personnes pensent l’identifier.

 

Le sujet intéresse et passionne depuis des millénaires, citons l’allégorie du Roi Salomon et des deux mères ou encore le « Papyrus de Vedas » (-900 av. JC) dans lequel il est écrit «  Il (le menteur) ne répond pas aux questions ou donne des réponses évasives, il dit n’importe quoi, se frotte le gros orteil sur le sol, il a des frissons, son visage est décoloré, il frotte la racine de ses cheveux avec les doigts. ». Plus récemment la science s’est emparée du sujet. Dans les années 60/70 Paul Ekman en a été un des précurseurs, et depuis les années 80 ont suivi les recherches des psychologues DePaolo, Bond, Scherer ou la française Claudine Biland et plus récemment Hugues Delmas.

Parmi tout ces chercheurs, c’est le Professeur Aldert VRIJ et son équipe (Université de Porthmouth) qui, sur la scène internationale, est actuellement le plus productif en matière de recherches en psychologie du mensonge. Il est l’auteur d’une centaine d’articles et du livre Detecting lies and deceit : Pitfalls and opportunities (2008).

 

L’argumentaire que je vais vous proposer reposera essentiellement sur le fruit des recherches les plus récentes du Professeur Vrij, dont il fait état, entre autres, dans un chapitre du livre de Michel Saint Yves « Les entrevues d’enquête : l’essentiel » et intitulé « La détection du mensonge : mythes et possibilités » (A.Vrij, in St Yves, 2014)

 

Naissance et maintien d’un mythe

Ces dernières années, de nombreuses séries télévisées et ouvrages ont contribué à répandre à une très grande échelle, l’idée que le comportement non verbal est un indicateur prépondérant dans la détection du mensonge. Citons les aventures du Dr Call Lightman dans la série « Lie to me », Patrick Jane « le mentaliste », sans compter sur les ouvrages de Joe Navarro « ex agent du FBI » et bien d’autres inspirés de la Programmation Neuro-Linguistique, l’Analyse Transactionnelle ou la plus récente mais tout aussi hasardeuse Synergologie. Pourtant l’ensemble des études publiées font consensus : il n’y a pas plus de relations directes entre le mensonge et le comportement non verbal que d’indicateurs non-verbaux propres au mensonge. Cette affirmation est le résultat  des méta-analyses de DePaolo (2003) qui reprend 116 études sur le sujet et de celle de Sporer (2006 et 2007) sur les indicateurs para-verbaux et non-verbaux au cours du mensonge.

 

54,3%, c’est le pourcentage de réussite que les personnes ont à discriminer le mensonge de la vérité. En effet, DePaolo (2003) a réalisé une recherche auprès de 25000 personnes. Celles-ci devaient, sur la base de l’observation du comportement, déterminer si les personnes qu’elles observaient étaient véridiques ou non.

 

J’ai donc, au regard de ce chiffre, créé ma propre méthode et je vous garantis que je suis en mesure de faire de vous un détecteur infaillible … pour cela voici ma méthode pour détecter le mensonge uniquement sur la base du comportement non-verbal, elle vous coutera la modique somme de 1 euro !

Revenons à des choses plus sérieuses. Les indicateurs non-verbaux existent, on ne peut pas le nier, nous bougeons, nous gesticulons, nous adoptons des postures, nous exprimons des émotions à travers notre visage, nous nous exprimons consciemment ou non avec notre corps : c’est une réalité que personne ne remet en question. Mais ces comportements traduisent nos émotions, notre activité cognitive ou tout simplement notre désir de communiquer. Nous interagissons en permanence avec notre environnement et avec nos semblables. Le contexte dans lequel évolue l’Homme influe aussi sur son comportement. Cependant, ces indicateurs non-verbaux ne traduisent jamais le mensonge, mais des réactions déclenchées par le mensonge et périphériques à celui-ci, dont il n’a pas l’exclusivité (ces réactions peuvent être provoquées par le plaisir, la peur, l’anxiété, etc.). C’est ce que les spécialistes nomment l’absence d’effet Pinocchio.

 

Nous surestimons généralement l’importance du comportement non-verbal dans la détection du mensonge et cela est fortifié par nos « experts » qui nous martèlent la règle des « «7-38-55 », pour nous expliquer que 93 % de notre communication passe par le canal non-verbal… à quoi bon être doté de la parole alors ? Ces pourcentages sont une véritable escroquerie intellectuelle, il s’agit du détournement de deux études de 1967 publiées en 1971, d’Albert Méhrabian dont l’objectif était tout autre : étudier l’impact de certains mots sur les émotions pour la première, et évaluer le niveau de sympathie d’une personne en photo en fonction de l’intonation de la voix, pour la seconde étude. Je vous invite à lire un article que j’ai rédigé sur ce sujet en 2013 pour le site dédié à la communication non-verbale : « Que penser des chiffres de Mehrabian ? »

 

Un autre paramètre influe également sur cette croyance que le comportement non-verbal dispose d’une prédominance – pour ne pas dire du monopole – de la détection du mensonge. En effet, une réalité est qu’il est plus facile de contrôler notre discours que notre comportement. DePaolo (1989) et plus récemment Vrij (2000) expliquent ce postulat par quatre paramètres :

 

Il existe des liens directs entre le comportement et les émotions (tout le monde dispose de la capacité à reconnaître sur la base de critères non-verbaux les émotions primaires).

 

L’être humain a une plus grande compétence à utiliser la parole pour communiquer et ce, dès le plus jeune âge.

 

Nous avons plus conscience de ce que nous disons que de ce que nous faisons.

 

S’exprimer verbalement offre la possibilité de faire des pauses, réfléchir, structurer. Chose que le comportement non-verbal ne permet pas

 

Ces raisons font que nous avons probablement de façon inconsciente tendance à croire que le menteur est victime de fuites non-verbales. Ce qui est vrai, mais vous l’avez compris, n’est pas exclusif et systématique.

 

Quelles solutions, si nous ne pouvons pas détecter le mensonge ?

Nos « experts » de la détection expliquent le plus souvent que non seulement l’aspect non-verbal de la communication suffit pour se prononcer sur l’authenticité d’une personne, mais ils osent souvent aller plus loin en expliquant que le contexte n’a pas d’incidence sur le comportement. Les meilleurs d’entre eux couperaient même le son des vidéos qu’ils analysent et l’élite de nos « experts » va même jusqu’à visionner les vidéos en mode accéléré. Je cite (ils se reconnaîtront) :

 

Dans le décodage du mensonge, ce sont les occurrences corporelles qui sont intéressantes. On ne s’arrête pas sur l’item (ndlr. = indicateur) mais plutôt sur le phénomène corporel qui, à force de répétition, finit par devenir signifiant. Le rythme du langage corporel est plus intéressant que le nombre des items. D’ailleurs les vidéos sont souvent lues à vitesse rapide pour gommer la notion d’item. 

 

Cela fait rire, mais ça n’a rien de drôle… car ce sont ces mêmes gourous de la communication non-verbale qui vous expliqueront être capables, en fonction de l’orientation de votre regard, d’une « micro » démangeaison sur votre nez, de la façon dont vous êtes assis ou de la manière dont vous faites « non » de la tête, de dire si vous mentez. N’ayons pas peur de le dire, de tels enseignements sont tout simplement ridicules et surtout dangereux.

 

Le premier conseil que je vous donne pour mesurer la véracité, est de ne jamais considérer les trois canaux de communication (verbal, para-verbal et non-verbal) de façon séparée et décontextualisée, mais de prendre en compte l’accumulation des indicateurs de ces trois canaux (Zurloni et al 2015) et de les apprécier dans leur contexte. Cela permet notamment de se prémunir de l’erreur d’Othello qui nous conduit à interpréter des indices stéréotypés comme étant en lien direct avec le mensonge alors qu’ils ne sont que des réponses générées pour d’autres raisons (cf l’erreur d’Othello)

 

« Arrêtez de détecter !!! », mais rendez la production du mensonge plus compliquée. Telle est la tendance actuelle. En effet, nous l’avons vu, détecter le mensonge sur la base unique de l’analyse du comportement non verbal (même en accéléré, en flouté, en noir et blanc ou en 3D…) s’avère être une activité périlleuse et surtout inefficace.

Cependant, le mensonge, de par les exigences cognitives qu’il génère, permet à celui s’étant donné la mission « rendre le mensonge plus difficile », de jouer avec certains processus en augmentant, à l’aide de divers outils, la charge cognitive d’une personne.

 

Mais qu’est-ce que l’augmentation de la charge cognitive ? Un postulat est qu’il est plus difficile intellectuellement de mentir que de dire la vérité. En effet, le mensonge nécessite un effort pour être produit (Vrij et al, 2006,2008) à savoir :

 

Produire un mensonge est une tâche exigeante.

 

Contrairement à une personne « honnête », un menteur juge moins souvent sa crédibilité comme étant acquise. Il a donc tendance à surveiller et contrôler ses comportements pour paraître sincère.

 

Sa crédibilité n’étant pas acquise, le menteur doit surveiller les réactions de sa cible pour évaluer l’efficacité de son mensonge.

 

Le menteur doit se souvenir de ce qu’il dit et qu’il joue un rôle.

 

Mentir nécessite de supprimer ou transformer la vérité.

 

Dire la vérité est généralement un processus automatique alors que mentir est un processus plus intentionnel et délibéré.

Augmenter la charge cognitive consiste donc à considérer ces six éléments que je viens d’énoncer et à les utiliser en les intégrant dans une stratégie d’entretien ou d’échange visant à les exacerber. Ainsi, la production du mensonge est rendue plus compliquée qu’elle ne l’est déjà.

 

Aldert Vrij (in St Yves, 2014) utilise une belle image pour illustrer ce propos. Imaginez que deux personnes s’entraînent sur un vélo d’appartement ; elles pédalent à la même vitesse, pourtant leur appareil n’est pas réglé sur la même résistance. Comment déterminer lequel des deux a fixé le plus fort degré de résistance ? Demandez leur d’accélérer ! Celui qui fait face à la plus forte résistance montrera plus de difficultés à répondre à la demande et donc pédalera un temps plus lentement que son voisin. La demande permet donc de faire ressortir une différence entre les deux sportifs.

 

Il en est de même pour l’effort cognitif généré par le mensonge. A première vue, vous n’avez aucun moyen de savoir si quelqu’un vous ment, cependant, imposez-lui des charges cognitives supplémentaires et vous rendrez la production du mensonge plus complexe. Pour cela, il existe quelques petites astuces que je vais vous dévoiler.

 

Comment augmenter la charge cognitive au cours d’un échange ?

Je vous propose une liste non exhaustive de quelques « trucs et astuces » pour rendre la production du mensonge plus difficile par l’augmentant de la charge cognitive.

 

  • FAIRE RACONTER UNE HISTOIRE À REBOURS

    Je vous l’accorde, lors de votre prochaine soirée entre amis, la charmante jeune femme qui vous raconte ses vacances à la montagne risque de ne pas comprendre pourquoi vous lui demandez de raconter ses pérégrinations à l’envers… pourtant cette méthode est très efficace. Nous construisons nos récits et relatons nos souvenirs selon un schéma mental établi chronologiquement allant du passé vers le futur. Bien plus qu’un véridique, un menteur a besoin de situer son récit sur ce schéma temporel. Bouleversez cet ordre et le menteur n’aura plus de repère et éprouvera la plus grande difficulté à vous raconter son histoire.

  • AUGMENTER LE NOMBRE DE TÂCHES

    Bien que très performant, le cerveau humain ne peut accomplir simultanément que quelques tâches cognitives et il va prioriser son activité. Le mensonge utilise beaucoup de ressources, si vous demandez à une personne d’effectuer une ou plusieurs tâches supplémentaires, vous l’inciterez à utiliser encore plus de ressources rendant la production du mensonge plus ardue.

  • FIXER DU REGARD

    Un menteur ne jugeant pas pour acquis son mensonge, il cherchera consciemment ou non à tenter de comprendre pourquoi vous le regardez fixement, cherchant s’il s’agit là d’un indice de suspicion et augmentant ainsi sa charge cognitive.

  • ENCOURAGER À PARLER

    En effet, mentir nécessite pour le menteur de se souvenir de ce qu’il raconte dans l’éventualité de devoir à nouveau raconter son histoire. Un véridique agrémentera son discours de « choses » vécues faisant appel à des éléments sensoriels et spatiaux, détails dont le menteur sera avare. Manifestez de l’intérêt à votre interlocuteur, stimulez la production de son récit (utilisation de gestes régulateurs, reformulations, reprise du dernier mot prononcé, utilisation de « humm humm » etc.) pour qu’il parle toujours plus, faites preuve d’écoute active et ainsi vous allez le contraindre à donner ou inventer des détails et à devoir s’en souvenir.

  • FAIRE DESSINER

    En effet, un menteur ne s’attend pas à devoir effectuer cette tâche et donc ne s’y est pas préparé. Un véridique n’aura aucune difficulté à positionner sur un dessin ou un schéma les événements qu’il vous narre. Il «vivra » ce qu’il vous raconte et vous le dessinera. Un menteur surpris par cette demande sera chiche en détails et décontenancé par cet exercice. Dans la même lignée, faites mimer, faites décrire la scène.

  • POSER DES QUESTIONS INATTENDUES

    Un menteur généralement, s’est préparé à produire son mensonge. Il a en tête toute une série de réponses pour parer à toutes les éventualités. Toutes ? Justement non… il est absolument impossible de se préparer à toutes les questions susceptibles d’être posées. Il n’existe pas de liste de questions inattendues, c’est la situation et l’habileté de chacun qui doit permettre de les poser. Elles sont le plus souvent fondées sur des demandes de précisions ou de détails difficiles à inventer ou se référant à l’expérience spatiale, temporelle et sensorielle de l’individu. Face à une question inattendue, une personne a quatre possibilités pour vous répondre :

    • dire tout simplement la vérité car elle est en mesure de répondre,

    • éluder ou contourner la question,

    • refuser de répondre,

    • inventer une réponse.

 

Le mensonge est une merveilleuse prouesse cognitive, c’est une ingéniosité intellectuelle extraordinaire mais qui n’est pas infaillible. Elle fait appel à de nombreuses ressources qui n’ont cependant pas de signature kinésique propre ou discriminante. Un questionnement stratégique et la prise en compte des trois canaux de communication dans leur contexte s’avère être le moyen le plus efficace pour rendre le mensonge plus difficile. Puissent ces quelques lignes vous avoir passionné autant que le sujet me passionne, et avoir levé voile obscure du mythe pour contribuer à rétablir la vérité.

 

 Pour aller plus loin : Peut-on vraiment détecter le mensonge grâce au non-verbal ?

Références :

DePaolo, B.M. et Kirkendol. S.E.The motivational impairment effect in the communication of deception, in ed. Wuille. J.C., « Credibility assesment », pp. 51-71, (1989)

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Mehrabian, A., et Wiener, M.Decoding of inconsistent communications, Journal of Personality and Social Psychology, (1967)

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Vrij, A.Detecting Lies and Deceit. The psychology and the Implications for Professional Practice. England. Wiley, (2000)

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Zurloni., V., Diana., B., Cavalera., C., Argenton., L., Elia., M., Mantovani.,F.,Deceptive behavior in doping related interviews : The case of Lance Armstrong, Psychology of Sport and Exercise, 16-2, pp. 191-200,  (2015)

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