Théories du complot, croyances : sommes-nous si crédules ?

Il aura fallu moins d’une journée après les attentats contre Charlie Hebdo pour voir fleurir les premières théories du complot : mise en scène des services secrets français, tracé du chemin des frères Kouachi , questionnements sur la couleur des rétroviseurs de la voiture ou de la présence d’une carte d’identité, affirmation de la manipulation des images vidéos des terroristes… Si vous êtes abonné aux réseaux sociaux, vous n’avez pas pu y échapper, au moins un de vos contacts s’est fait le vecteur de telles théories.

Les plus farouches défenseurs de ces assertions peuvent se montrer très virulents dans leurs propos, allant jusqu’à accuser ceux les réfutant de « complices du système ». Il ne faut pas chercher bien loin pour voir que dans chacune de ces théories, et elles sont nombreuses, on y retrouve les mêmes schémas psychologiques que je vais détailler.

Étrangement, je fais aussi un parallèle avec les pseudosciences et les nouvelles pratiques alternatives dont les pratiquants, devant les questions posées, affirment combattre un système en place et disposer des preuves de leurs dires. Mes amis sont témoins de mon agacement de voir le recul des vaccinations des enfants (et donc le retour des maladies infantiles) à cause de théorie sur la dangerosité des vaccins. Voyons donc en quoi ces croyances font tant parler d’elles et convainquent tellement de personnes.

 

Le biais de confirmation

Soyons direct : il n’y a rien de plus manipulable que notre cerveau. Croire que vous, moi, ou même les plus grands génies sont exempts de se faire avoir par certaines illusions est séduisant, mais légèrement utopique. Nous sommes très influençables par ce que l’on appelle les biais cognitifs. Ils sont nombreux et je ne pourrais pas tous vous les décrire, mais dans le cas qui nous intéresse ici, l’un d’eux est particulièrement récurrent : le biais de confirmation.

Le principe est simple : nous avons tendance à chercher les affirmations, les sources, les informations qui vont dans le sens de notre pensée (souvent en rapport avec un autre biais, celui d’ancrage, où nous nous focalisons sur notre première impression). Au cours d’une discussion avec une personne utilisant une médecine alternative mais controversée, celle-ci m’envoya des liens vers des preuves des bienfaits de sa thérapie. Hors, elle n’avait cherché que les preuves allant dans son sens : une rapide recherche permis de trouver 10 fois plus d’études (scientifiques cette fois-ci) contredisant sa théorie.

Moi-même, par l’intermédiaire de ce blog, je ne fus pas exempt de me tromper : j’avais écrit il y a quelques années sur les recherches de Francine Patterson et de son gorille Koko (le fameux gorille parlant par le langage des signes), influencé par les vidéos (et certainement par le côté mignon des petits chats et ma volonté de croire en cette belle histoire). Sauf que des recherches ont grandement nuancé les affirmations de Patterson (merci à un lecteur de m’avoir fait parvenir les études), l’histoire a été très embellie. Bref, j’ai du revoir ma copie.

Quel rapport avec les théories du complot ?

Nous avons beau être tout à fait sain d’esprit, si nous avons un doute, nous chercherons par nos questions, nos investigations et notre réflexion, à donner sens. Le cerveau n’aime pas l’incertitude : il va chercher à décrire le monde le plus schématiquement possible et faire que rien ne découle du hasard. Chaque événement a une cause prévue, préparée, planifiée. C’est en quelque sorte rassurant de savoir qu’un événement tragique ne doit rien à la fatalité, à la folie, ou à l’extrémisme, mais à une conspiration ourdie par les juifs, les illuminatis, les francs-maçons ou la CIA. En tout cas, c’est rassurant cognitivement.

 

Créer une théorie du complot en 9 étapes (selon Umberto Eco)

• Le hasard n’existe pas, tout arrive pour une raison

• Donner une signification à chaque événement, fait et déclaration, et faire des liens entre eux.

• Désigner un coupable

• Dévoiler les obscures et machiavéliques intentions

• Prétendre que les institutions ou les autorités sont l’ennemi, à la solde de l’adversaire

• Révéler l’existence d’un groupe d’initié œuvrant à manipuler

• Discréditer toutes les autres sources en prétendant qu’elles sont à la botte de l’ennemi

• Avertir la population du danger de la machination et les inviter à agir

• Leur proposer de participer à la lutte par le don et l’action militante

 

 

Croyances et médias

Il y a encore 20 ans, les croyances dans les complots ou dans la manipulation scientifique étaient plus rares qu’aujourd’hui. Pourquoi ? Grâce à ce formidable outil d’information (et non de communication) qu’est internet. Aujourd’hui, il est très facile, grâce à un blog, un réseau social, un peu de photomontage et quelques idées douteuses de créer un buzz. C’était auparavant bien plus difficile. Il n’y a qu’à voir que le journalisme d’aujourd’hui utilise twitter comme sondage d’opinion dans leurs articles ! Comment peut-on expliquer une telle explosion de ces théories dans les médias ? Plusieurs facteurs :

 

 

 La multiplicité des médias et leur omniprésence (nous sommes tous quasiment en possession d’un smartphone qui filme ou qui prend des photos) amène la multiplicité des sources et des points de vue. C’est une bonne chose, sauf quand on se met à élaborer des hypothèses sans vérifier les faits. Souvenez vous lors des attentats de Boston, où une photographie montrait quelqu’un sur le toit d’un immeuble. Très vite, certains se mirent à élaborer des théories plus ou moins fantaisistes avant que l’on démontre que l’homme… y faisait un barbecue avec des amis.

 

 Internet permet de donner du crédit de façon anonyme à certaines idées ou croyances. Il suffit d’un article, d’un forum ou d’un groupe facebook pour se rassembler entre partisans d’une même idée, et de nourrir ensemble ses assertions. Il est aussi très glorifiant (et très humain) de se sentir appartenir à un groupe qui partage en partie ses idées.

 

 Sur les attentats du 11 septembre, les théories ne manquent pas, et les arguments sont nombreux. Ils recouvrent toutes les spécialités (de l’architecture à la balistique, en passant par la sismologie et l’économie boursière…) avec chaque fois des « spécialistes » avançant des arguments. Très difficile d’arriver à les contredire, car même si un argument n’est pas une preuve formelle, l’opinion est plutôt sensible, surtout quand elle doute, à la parole du plus éloquent.

 

 Ces théoriciens ont l’impression de faire une lutte contre le système. Une lutte pour la vérité, pour la liberté, pour un « droit au doute ». Ce droit, il le possède déjà, car nous sommes bien au fait de son avis par le média qu’il utilise ! Si on le contredit, ce n’est pas une preuve : c’est que l’on est embrigadé par le système.

hoaxbuster

Je vous fais grâce des commentaires haineux qu’a reçu Guillaume suite à l’article…

Je prends l’exemple de Guillaume Brossard, un des créateurs de l’excellent site Hoaxbuster, qui a pour objectif de vérifier les fameuses affirmations extraordinaires que l’on retrouve sur internet.

Après un article de Guillaume prouvant les erreurs d’un « journal » indépendant sur ses affirmations, ledit média s’est mis en tête de partir en guerre contre lui en dévoilant de façon très irrespectueuse vie privée et affirmations erronées. On revient à ce besoin de simplification cognitif : un monde blanc et noir, gentils contre méchants, moi contre le reste du monde. Combattre ces allégations, c’est vouloir faire preuve de censure. Bien entendu, les théoriciens appliquent à leur propre détracteurs ce qu’ils leur reprochent : censure et dénigrement.

 

 Certains effets peuvent nous amener à adhérer plus facilement à certaines théories, outre les biais cognitifs. Il y a le contexte relationnel que l’on s’est créé : nous avons tendance à nous entourer, par exemple sur les réseaux sociaux, de personnes partageant nos idées et nos valeurs, et d’exclure les autres. C’est un principe tout à fait normal, je le fais moi-même (je n’aime pas m’entourer de gens justement complotistes, négatifs, ou trop politisés). Quelquefois, en cas de théories extraordinaires exprimées par l’un de nos amis, nous avons tendance à lui donner du crédit : nous lui avons fait confiance auparavant, pourquoi changer ? C’est en partie pour cela que je vous invite, comme j’invite mes amis et mes clients, à vérifier ce que j’affirme. C’est aussi pour cela qu’en fin d’article, je mets généralement mes sources.

 

 Autre facteur, celui de l’accès à l’information. Si comme moi, vous utilisez beaucoup google, mais que vous êtes pointilleux, vous pourrez remarquer que sur une requête sur un moteur de recherche, ce qui arrive en première page, ce n’est pas forcément les sources les plus vraies, mais les plus optimisées. Et nous allons rarement au delà de cette première page, pire : nous allons généralement pas plus loin que la 3ème ou 4ème proposition. Sur certains termes, il peut donc arriver que vous ne trouviez pas réellement une information objective à votre question. Certains journalistes se font aussi avoir en invitant des « experts » qui sont justement ceux qui sont le plus visibles, mais pas forcément les plus compétents.

 

Idée tout à fait personnelle : l’attrait pour les fictions des théories des complots. Livres, séries, films, avouons le, le complot est un terreau fertile pour raconter une bonne histoire, quelque soit le sujet : que le complot soit politique (des films comme JFK, l’affaire Pélican, etc…) ou bien fantastique (X-Files, Stargate, etc…), il est vendeur. Pourquoi la réalité serait bien plus ennuyeuse ? C’est fascinant de penser qu’il existe une vérité cachée, c’est le principe de toute bonne intrigue, et c’est le héros qui fini par révéler le pot au rose.

 

Gérald Bronner, dans son livre La démocratie des crédules, décrit très bien ces phénomènes.

 

Débunkage et apathie

Si je parle de ce phénomène, c’est pour deux raisons. La première, purement psychologique, pour nous aider à mieux décrypter l’information et comprendre les faiblesses de notre cerveau. Nous sommes manipulables, oui, quelquefois par les autres, bien souvent par nous-mêmes. Personnellement, quand j’ai commencé à m’intéresser à la psychologie et la communication, j’étais malléable, ne cherchant pas au delà de certaines preuves. Avec le temps et l’expérience, il devient plus aisé d’avoir un doute raisonnable

La deuxième, c’est pour des raisons de communication. Il est très difficile, d’une part, de dialoguer avec des personnes très portées sur ces croyances (il y a bien entendu des exceptions), car nous ne sommes généralement pas préparés à la somme d’arguments invoquées (l’argument ne fait pas office de preuve). Quand un psychologue intervient pour contredire une théorie, il parlera à partir de son expertise, il ne pourra pas parler en des termes médicaux par exemple. De plus, la somme des preuves ne suffit généralement pas à convaincre le théoricien : elles sont falsifiés, il y a manipulation. Nous n’avons pas tous les armes pour contredire cela : pas forcément le temps, la passion, les sources ou les compétences. C’est pour cela que les sites de débunkage (le fait de prouver qu’un fait est mensonger) se montrent très intéressant pour avoir un esprit critique.

 

 

D’autre part, parce que cette communication peut représenter un danger. Au début des années 2000, 8% de la population française se montrait anti-vaccins. En 2010, il était 40% ! Aux Etats-Unis, dont l’anti-vaccination est une grande mode, on a constaté le retour des maladies infantiles comme la rougeole. Une maladie qui avait été considérée comme éradiquée par les américains ! Il en va de même sur les théories complotistes qui amène à se méfier de l’étranger, du gouvernement ou de la science. Même si certaines assertions ont des fonds de vérités (scandale du Watergate, du CDC), il en devient inquiétant quand on fini par tout rejeter en bloc.

Il en résulte une forme d’apathie pour les non-crédules ou les experts : pour prouver une théorie, un scientifique publie généralement ses recherches, puis il passe à autre chose. Il ne va pas chercher à convaincre tout les sceptiques, ce n’est pas son travail. Ce qui fait qu’une grande place sur la vulgarisation et l’explication de certains principes, scientifiques ou non, sont laissés à ceux les moins disposés à en parler. Fort heureusement, il existe de nombreuses personnes faisant un excellent travail pédagogique en fonction de leur spécialité et de leur média de prédilection (La tronche en biais sur les biais cognitif, e-penser sur la science physique, le Pharmachien sur la médecine, Passeur de Sciences pour la science en général, Nota Bene pour l’histoire, le site de la-communication-non-verbale.com sur le body language, Dirty Biology sur la biologie, Hoaxbuster sur les hoax…). Les bonnes sources existent, à nous de les trouver et de TOUJOURS vérifier les sources invoquées.

 

Sources :

GRÜTER Stéphane, La théorie du complot, dans Cerveau & Psycho, n°8, décembre-février 2004.

MARCHAND Pascal et DUPUY Pierre-Olivier, Rumeur, panique et médias, dans Cerveau & Psycho, n°13, janvier-février 2006.

Bert Claudie, Théorie du complot : notre société est-elle devenue parano ?

WAGNER-EGGER Pascal et  BANGERTER Adrian, La vérité est ailleurs : corrélats de l’adhésion aux théories du complot, Revue internationale de psychologie sociale, t. XX, n° 4, 2007.

 

Suite à une licence en sciences humaines, je me suis intéressé à la communication non-verbale. C’est à la suite de quelques erreurs de parcours que j’ai pu voir à quel point la communication était peu vulgarisée et qu’il était facile de faire la promotion de pseudosciences dans les médias. Plutôt autodidacte, j’aime écrire, faire des vidéos et des conférences.
Mon profil Google+
36 réponses
  1. Leo Noel
    Leo Noel dit :

    Merci pour l’article ! Peut-on avoir des liens pour tous ces travailleurs pédagogiques de qualité ?
    « La tronche en biais sur les biais cognitif, e-penser sur la science physique, le Pharmachien sur la médecine, Passeur de Sciences pour la science en général, Nota Bene pour l’histoire, le site de la-communication-non-verbale.com sur le body language, Dirty Biology sur la biologie, Hoaxbuster sur les hoax… »

    (en vérité j’en connais la plupart, mais je ne trouve pas tout, et d’autres personnes ne connaitront peut-être pas tout ça)

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat dit :

      Je vais surement créer une page spécifique pour tout ces liens, oui. Je n’en mets pas trop ici pour des raisons de référencement (et j’aimerai beaucoup en mettre !)
      Les articles utilisant les théories du complot n’utilisent pas de sources, ils ont leurs propres arguments. Les scientifiques, ou ceux qui essaient de se rapprocher de leur méthodes comme moi, nous aimons sourcer nos écrits. Hors, google n’aiment pas trop quand on mets des liens de partout, et pénalise cela. Donc j’évite de mettre trop de lien (j’ai mis ici les liens essentiels).
      Mais vous trouverez la plupart en tapant le nom que j’ai indiqué sur google, et je vous invite à le faire, ce sont vraiment de super chaines youtubes ou sites !

      Répondre
      • Robin
        Robin dit :

        Salut Xavier! J’ai adoré ton article, il reflète très bien ma façon de penser (même dans mon domaine je suis souvent obligé de lutter contre ces phénomènes).

        Sinon, si tu t’y connais un peu en codage HTML tu peux utiliser l’attribut rel= »nofollow » à chaque fois que tu créé un lien. Ainsi, Google ne prendra pas le lien en compte. 🙂

        Répondre
  2. Marc-Olivier Blondin-Provost
    Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

    À la lumière de tous vos raisonnements, est-ce que les complotistes sont toujours injustifiés de croire à un complot?

    Dit autrement: vous demandez la question suivante : Pourquoi sommes-nous si crédules?

    Vous répondez que c’est parce qu’on se sent justifié facilement.

    Ma question : est-ce que ce sentiment est tjrs une illusion?

    Est-ce que tous les gens qui détiennent des croyances fausses sont crédules? Vous semblez dire non, mais je ne suis pas sûr.

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat dit :

      Ce que je cherche à faire comprendre, ainsi que beaucoup de scientifiques, c’est qu’une théorie est acceptable quand il y a des preuves, et non pas des arguments. Beaucoup d’entres nous avons tendance à tout de suite avoir une conclusion quand on voit des incohérences. Bref, j’aurai peut être l’occasion de parler de la théorie scientifique de réfutabilité.
      Mais pour faire bref, je peux vous prétendre que les licornes existent, et vous demandez de me prouver le contraire. Vous ne pourrez pas, mais non considérons que c’est une hypothèse très peu crédible, vous comprenez pourquoi. Je pourrais aussi vous parler de la théorie du cygne noir, mais là, je pourrais partir loin.

      Bref, ce que j’ai surtout voulu faire comprendre, c’est que sans une méthodologie, il faut faire attention quand on élabore des théories.

      Répondre
      • Marc-Olivier Blondin-Provost
        Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

        Vous avez dit: «Ce que je cherche à faire comprendre, ainsi que beaucoup de scientifiques, c’est qu’une théorie est acceptable quand il y a des preuves, et non pas des arguments.»

        Par preuve, entendez-vous « Ce qui établit la véracité d’une proposition ou d’un fait. »

        Le problème est que la très grande majorité des hypothèses scientifiques ne peuvent être démontrées vraies par les données empiriques. En ce sens, je ne peux même pas donner de preuves que le soleil existera encore demain.

        Vous avez dit : «ce que j’ai surtout voulu faire comprendre, c’est que sans une méthodologie, il faut faire attention quand on élabore des théories.»

        Exactement. Et ma question est : est-ce que la différence de méthodologie entre un scientifique et un complotiste est de degré ou de nature?

        Autrement dit, est-ce que la méthodologie du complotiste ne possède aucune valeur?

        Répondre
        • Xavier Ristat
          Xavier Ristat dit :

          J’ai envie de vous dire pour la méthodologie du complotiste : quelle méthodologie ? Si vous m’affirmez que les licornes existent, vous devez me le prouvez, ce n’est pas à moi de vous prouvez le contraire !

          Répondre
          • Marc-Olivier Blondin-Provost
            Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

            Vous avez dit : «Si vous m’affirmez que les licornes existent, vous devez me le prouvez, ce n’est pas à moi de vous prouvez le contraire !»

            Bon, je vais me jouer au jeu… haha

            Bon, ici « preuve » = élément empirique supportant une proposition.

            http://youtu.be/A0rPL0DJjIY

            Je viens de vous donner des preuves que les licornes existent. J’ai aussi un ami à moi qui dit avoir vu un dans un cirque. Cet ami est honnête et intelligent : il n’aurait aucune raison de me mentir. Je me sens donc justifié de croire que les licornes existent, mais elles seraient rares et probablement en voie d’extinction.

            Maintenant, si vous alliez parler de la faible valeur de ses preuves, alors vous seriez hors sujet. je suis clairement d’accord que ces preuves sont de très faibles valeur. Mais mon point est que ces preuves détiennent quand même une valeur subjective, surtout pour la personne qui y croit.

            Était-il impossible d’avoir des croyances justifiées avant l’ère de la science moderne (Francis Bacon)?

            Je ne suis moi-même pas un complotiste, mais je ne suis pas prêt à les mettre tous dans le même panier ; comme s’ils n’avaient aucune méthodologie, étaient malhonnêtes et « crédules ». Certains font un travail de recherche immense parfois et je ne vois pas en quoi leur job est si différente que les scientifiques actuels qui restent en vase-clos et gardent leur théorie même si elles ont une faible valeur au regard des évidences.

          • Xavier Ristat
            Xavier Ristat dit :

            Ce que j’aime beaucoup, c’est que vous fonctionner à l’argument, mais pas à la preuve 😀
            Vous citez car, pour prouver, il faut montrer que l’argumentaire de l’adversaire est bancale. Regardez la vidéo que j’ai mis dans l’article, ou lisez le livre de Gérald Bronner, je pense que ça devrait bien plus vous intéresser que de débattre avec moi.

            Le but de l’article, ce n’est pas de dire » dieu qu’on est cerné par les complotistes », combien sont vraiment complotistes autour de nous ? Par contre, il y a un marché de la crédulité. Complots, pseudosciences, thérapies alternatives… bref, sur une chose justé cité par ces théoriciens, il va y en avoir 99 qui vont être du total empirisme sans un réél début de preuve.

            Ensuite, le mythe du scientifique qui travaille en vase clos : idée reçue totale. Je ne suis pas un scientifique, et j’ai au contraire vu une grande ouverture d’esprit… Par contre, contre les théoriciens, très vite, j’y ai vu souvent un total rejet de l’opinion d’autrui. Il n’y a qu’à voir l’épisode que je cite avec Hoaxbuster.

  3. Marc-Olivier Blondin-Provost
    Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

    Je viens d’écouter tout.

    Vous avez dit : «c’est que vous fonctionner à l’argument, mais pas à la preuve»

    Et? En quoi c’est mauvais?

    La très grande majorité des théories scientifiques sont sous-tendus par des arguments (evidence), pas des preuves. Il n’y a aucune preuve que la théorie de l’évolution est vrai. Le concept de vrai ne s’applique qu’à la logique abstraite – on pourrait dire que toute la logique est une abstraction – et aux mathématiques.

    Aussi, comment définissez-vous une preuve? Donnez un exemple.

    Vous avez un discours, mais vous ne définissez pas les termes. Ça ne m’aide pas à vous comprendre.

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat dit :

      Mais cherchez vous à comprendre, ou à cherchez la faille ? A aider, ou à contredire ?

      Après, ce n’est pas moi que vous devez comprendre, ce que j’écris dans l’article, ce n’est que la vulgarisation de ce qui est écrit dans les études, c’est le principe du blog : vulgariser. Apparemment, vous avez quelques notions scientifiques, je n’ai pas besoin de vous les expliquer (vous avez d’ailleurs apparemment plus de diplome que moi). Un épistémologue saura mieux vous répondre que moi, je vous conseille d’en contacter un !
      Mais dans les faits, ce n’est pas à moi de prouver qu’un théorie est fausse, on doit me prouver qu’elle est vraie. Libre à vous de faire comme vous le sentez, j’ai passé ma journée à répondre à des commentaires sur mon article, j’avoue être un peu fatigué, et aimerait passer à autre chose (l’article me tenait à coeur depuis les événements de Charlie Hebdo). Vous avez toutes les sources, ils en existent d’autres. Si vous avez des questions, les auteurs des sources se feront un plaisir d’y répondre, ou non.

      En vous souhaitant une bonne soirée !

      Répondre
      • Marc-Olivier Blondin-Provost
        Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

        Je cherchais à mieux comprendre le « phénomène » et mieux comprendre votre position. Je chercher donc, ultimement, à aider.

        Je comprends votre fatigue et je vous souhaite une belle soirée!

        Répondre
        • Xavier Ristat
          Xavier Ristat dit :

          Ma position, je n’en ai pas, je suis un sceptique : convainquez moi, mais avec des preuves. Il y a beaucoup d’études qui ont été faites, et le livre de Gérald Bronner est excellent, il devrait répondre à vos questions.

          Bonne soirée !

          Répondre
          • Marc-Olivier Blondin-Provost
            Marc-Olivier Blondin-Provost dit :

            Je suis également un sceptique, athée, agnostique et non superstitieux (je suis un évolutionniste et un scientiste, aussi).

            je ne voulais pas vous convaincre de quoi que ce soit, mais je vous demandais d’éclairer votre discours pour m’aider à comprendre votre point de vue par rapport aux mots « preuves » et « arguments ».

      • Laurent
        Laurent dit :

        Je n’ai pas dit que vous disiez qu’elles n’existaient pas 😉

        Je demandais comment il faut appeler ceux qui sont absolument convaincus qu’il n’y a eu qu’un seul tireur ?

        Répondre
          • Laurent
            Laurent dit :

            J’ai bien compris 🙂
            Mais justement, je vous parle de la psychologie de ceux qui refusent d’envisager qu’il y ait des complots. Laurent Joffrin et Rudy Reichstadt insultent ceux qui croient qu’il y avait plusieurs tireurs pour l’assassinat de JFK, du coup certains jeunes (ou moins jeunes) pensent qu’on leur ment et que les médias sont corrompus. ça contribue donc aux théories du complot.

            Alors qu’il y a juste un blocage psychologique chez certaines personnes à envisager des qu’on nous cache des choses. J’espère que c’est plus clair !

          • Laurent
            Laurent dit :

            Pour le dire autrement, il ne faut pas s’intéresser seulement à ceux qui contestent toutes les « thèses officielles », mais aussi à ceux qui les acceptent toutes.

          • Ariane
            Ariane dit :

            Rudy Reichstadt et Laurent Joffrin n’insultent personne, à moins bien sûr que vous ne considériez le scepticisme et le refus de relayer complaisamment toutes les théories qui circulent comme une insulte. Le site Conspiracy Watch (de Reichstadt) se contente de démonter et dénoncer les théories du complot quand elles sont complètement farfelues, ce qu’elles sont la plupart du temps. Et il le fait en se fondant sur des faits avérés et vérifiables. Enfin, comme l’a remarqué je ne sais plus qui, si les conspirations existent bien, combien ont été découvertes par des conspirationnistes? A ma connaissance, aucune.

          • Laurent
            Laurent dit :

            Qualifier de complotiste quelqu’un qui ne l’est pas peut tout à fait être pris pour une forme d’insulte.
            Sur l’assassinat de Kennedy , le scepticisme consiste à suspendre son jugement jusqu’à ce qu’une thèse, celle du tireur isolé ou une autre, soit démontrée.
            Et sur les coups montés dont on a connaissance, il y a une liste assez fournie sur cette page : fr.wikipedia.org/wiki/Fausse_bannière

          • Ariane
            Ariane dit :

            « Le scepticisme consiste à suspendre son jugement jusqu’à ce qu’une thèse, celle du tireur isolé ou une autre, soit démontrée. »

            Exact. Cependant, cette thèse a été raisonnablement démontrée et les autres avancées, largement démontées. Le problème est que les conspirationnistes refusent les démonstrations avancées et s’accrochent à leur propre version, sans aucune considération pour ses multiples lacunes qui ont pourtant été largement pointées. Au lieu de reconnaître que leur version ne tient pas la route ou est bien plus bancale que celle qu’ils contestent, ils exigent toujours plus de garanties d’assurance pour les preuves confirmant la version qu’ils qualifient d’officielle (comme si quelque chose d’officiel était forcément louche ou mensonger), sans jamais s’appliquer à eux-même cette rigueur. Du coup, si on les suit, on se retrouve à suspendre indéfiniment son jugement, parce que leurs propres hypothèses, largement démontées, n’ont que très peu de chance d’être un jour confirmées, et qu’ils refusent par pure idéologie les thèses largement démontrées. C’est ce qu’explique de manière répétée Rudy Reichstadt sur son site, sur la base de faits avérés et vérifiables. De fait, ses accusations de conspirationnismes n’ont rien d’insultant. Elles font peut-être mal, mais la vérité fait souvent mal. Cependant, si certains se sentent insultés par des accusations largement prouvées, alors, c’est eux qui ont un problème, pas Reichstadt.

            Ensuite, comme je l’ai bien précisé dans mon commentaire précédent, personne ne dit que les complots n’existent pas. Par contre, combien ont été découvert par les conspirationnistes? A ma connaissance, aucun.

            Ainsi, dans la liste à laquelle vous vous référez, les révélations ne viennent pas de conspirationnistes ou d’individus isolés prétendant lancer l’alerte, mais généralement d’officiels (quand les documents sont déclassés ou quand ils ont eux-mêmes un intérêt direct à les révéler au grand public), de journalistes professionnels ayant mené des investigations sérieuses, ou d’historiens ayant fouillé dans les archives.

          • Laurent
            Laurent dit :

            « cette thèse a été raisonnablement démontrée »
            Je crois que vous faites un peu trop confiance à Rudy Reichstadt. D’après ce que j’ai vu, il est presque le seul, en France, à défendre cette thèse, justement parce qu’elle n’a pas été « raisonnablement démontrée ». Gérald Bronner ne se prononce pas car il dit que le sujet est trop complexe, et même Pierre-André Taguieff, ne défend pas cette thèse :
            http://www.lexpress.fr/actualite/societe/pierre-andre-taguieff-la-sur-information-predispose-aux-theories-du-complot_1672497.html

            Vous devriez lire en particulier le passage où il dit que « Les dénonciateurs obsessionnels des faux complots risquent ainsi de ressembler aux obsédés du complot. »

        • Ariane
          Ariane dit :

          « Je crois que vous faites un peu trop confiance à Rudy Reichstadt. D’après ce que j’ai vu, il est presque le seul, en France, à défendre cette thèse, justement parce qu’elle n’a pas été « raisonnablement démontrée ». Gérald Bronner ne se prononce pas car il dit que le sujet est trop complexe, et même Pierre-André Taguieff, ne défend pas cette thèse ».

          Bien essayé, excepté qu’il ne se prononce pas du tout sur cette thèse dans cet article. Il dit juste ceci:
          « Les professionnels du complotisme sont de grands amateurs de « zones d’ombres », au point d’en voir partout ou de les inventer. Ils ont l’art de les exploiter à des fins politiques. Ce qui reste difficile, c’est de distinguer clairement, dans certaines situations, entre le complot réel qui semble probable (mais non élucidé) et les récits complotistes qui le recouvrent.

          C’est le cas de l’assassinat du président Kennedy, le 22 novembre 1963, objet d’interprétations multiples et contradictoires, où dominèrent dans un premier temps les hypothèses liées à la menace communiste ou à la mafia. Mais certains idéologues conspirationnistes ont aussi diffusé la thèse selon laquelle le président américain aurait été tué sur ordre du « gouvernement mondial » occulte qu’il s’apprêtait à démasquer…  »

          II ne dit nulle part qu’il s’oppose à la thèse du tueur unique. Seulement qu’il y a eu des conjecture sur un possible rôle du gouvernement américain et/ou de la mafia dans cet assassinat. Mais, à aucun moment, il ne prend position.

          Quant à la citation de Taguieff sur le délire anticomplotiste, je suis désolée, mais apparemment, là, il est tombé dans une fausse équivalence basée sur cette idée que s’il y a des complotistes forcenés, il doit bien y avoir, en reflet inverse, des anticomplotistes forcenés. Mais, cette dichotomie n’a pas vraiment de sens. D’ailleurs, il ne donne aucun exemple précis. Et à cela, je répondrais aussi ce que j’ai déjà dit deux fois: Il y a certes des vrais complots, mais combien ont été découverts par des complotistes? Et naturellement, vous n’avez jamais répondu à cette question.

          Répondre
  4. Jean Sommer
    Jean Sommer dit :

    Article très pertinent comme d’habitude.
    Tu es un diamant mon cher Xavier. Quelqu’un qui raye les certitudes et déçoit les conformismes.
    Avec la pureté évidente de ce qui brille sans se faire valoir.
    Ce qu’on appelle sans doute : un homme honnête.
    Encore merci pour cette belle démonstration.

    Répondre
  5. Jallat
    Jallat dit :

    Théorie du complot le mot est fort, je suis bien d’accord, il y a que cet univers particulier n’est pas blanc ou noir comme vous semblez le dire, tout en admettant qu’il y a quelques rares exceptions.
    Je suis loin d’être le dernier des benêt à adhérer à la première hypothèse venue c’est pourquoi je me considère comme spectateur de tout cela. Il y a les complotistes et les anti-complotiste si l’on simplifie, oui. Or, il est tout a fait vrai que Internet possède un complexe de médias délirant qu’il faut donc prendre avec du recul. Néanmoins l’information est là. Dans ce passage que vous abordez, vous semblez oublier le fait que les médias télévisuels ne sont pas non plus à tenir pour vrai à 100%
    N’ayant aucune réponse à ces questions moi-même, je ne fais que m’interroger.
    « Théorie du complot », à moins de n’être pas saint d’esprit, on ne peut y adhérer. Par contre, qu’une part très importante de faits soient cachés, là, il n’est pas délirant de se poser des questions.
    On pourrait très bien dire que vous êtes un anti-complotiste virulent qui ne laisse place à aucune hypothèse plausible sur ce sujet, et là un complotiste dirait l’inverse.
    Non-sens, je suis d’accord, où regarder alors?

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat dit :

      Bonjour Jallat,

      A aucun moment, je ne dis que les médias officiels ont raison.
      Le but de cet article, ce n’est pas de dire qu’il y a les « gentils » et les « méchants », juste de rappeler les mécanismes psychologiques qui nous font adhérer non pas à l’impossible, mais à l’improbable. Alors comment s’y retrouver ? Ce n’est pas si dur : vérifier l’information. Se questionner sur la crédibilité de la source. Ne jamais rien conclure, croiser les sources, se « méfier de l’homme d’un seul livre ». Vous pouvez aussi questionner des sites comme Hoaxbuster qui s’efforcent de débunker les fausses informations.

      Cette démarche, que l’on tire du scepticisme scientifique, permet d’une part de ne pas « tomber » facilement dans un panneau, de s’interroger intelligemment, et de ne pas tirer de conclusions définitives à partir de « on dit » ou de réflexions à l’emporte pièce. La tentation est facile pour tout à chacun de faire des raccourcis et de penser que l’on est dépositaire de la vérité, à nous d’être vigilant de ne pas tomber dans ces biais cognitifs.

      Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *