Symptômes de l’autisme : ce que nous apprend le non-verbal

En cette journée de l’autisme, retour sur ce trouble incompris et souvent mal diagnostiqué. Les avancées en matière de communication non-verbale et psychologique ont permis une meilleure reconnaissance de ce trouble : on estime qu’une personne sur 100 est autiste, soit environ 650 000 personnes en France, dont 100 000 enfants. Les symptômes de l’autisme sont devenu ces dernières années plus faciles à détecter grâce à la communication non-verbale, mais encore aujourd’hui, il est encore courant que le trouble soit confondu avec de la déficience mentale.

 

Qu’est ce que l’autisme ?

L’autisme est un trouble du développement humain caractérisé par des comportements répétitifs ou compulsifs et par des difficultés de communiquer « normalement ». On qualifie souvent les autistes de gens « dans leur monde », car ils sont dans l’incapacité de comprendre les tenants et aboutissants de la communication humaine, se concentrant sur des centres d’intérêts relativement restreints.

Un docu-fiction explique bien ce qu’est l’autisme et les difficultés que ce trouble engendre :

 

Autisme et non-verbal

Quel est le lien entre l’autisme et le non-verbal ? Un autiste ne comprend tout simplement pas les interactions sociales et les codes non-verbaux qui s’y appliquent. Cela implique une grande difficulté à se faire des amis, et à participer à des activités sociales. Les autistes sont donc souvent rejetés, incompris, voire maltraités. Le non-verbal permet de mieux comprendre leur communication, car selon la croyance populaire, un autiste ne communique pas. Si : un autiste parle, crie, de tout son corps.

Grâce au eye-tracking, nous savons quel chemin parcourent nos yeux quand nous regardons un interlocuteur (ici la photo de Florence Colgate) :

 

Le chemin classique que fait nos yeux quand on regarde un visage…

symptômes autisme

… et la zone que regarde un autiste quand il regarde un visage

symptôme autisme

 

Quand nous observons pour la première fois un interlocuteur, nous avons tendance à regarder en premier lieu la zone gauche du visage, notamment les yeux, avant de redescendre sur la bouche, puis de revenir sur les yeux, mais en passant par la droite, d’où ce « triangle » de l’eye tracking. Les autistes, quant à eux, se concentrent sur la zone basse du visage, en priorité la bouche. Aucun dysfonctionnement de la vue chez les autistes, les mouvements des yeux sont identiques à nous quand il s’agit de regarder autre chose que des visages. Les autistes l’avouent eux mêmes : il leur est très difficile de regarder les gens dans les yeux.

La reconnaissance des expressions  faciales leur est donc très difficile : on a constaté que les régions cérébrales impliquées dans la reconnaissance de ces expressions s’activaient moins que chez les non-autistes.

 

Le non-verbal comme thérapie

Jacqueline Nadel, chercheuse au CNRS, a démontré qu’une personne autiste, quand elle reproduisait un geste d’une personne « normale », arrivait à se « synchroniser » avec le cerveau de la personne observée : les mêmes ondes cérébrales s’activent, comme c’est aussi le cas chez deux personnes non-autistes.

Cela a conduit à plusieurs thérapies qui commencent à faire leur preuve et permettent aux autistes de mieux s’insérer dans le jeu social. En effet, le thérapeute va imiter le comportement, l’humeur, le jeu du jeune enfant autiste, puis va inverser les rôles : l’enfant va imiter à son tour l’éducateur, et se sent encouragé à communiquer verbalement et non-verbalement.

Encore aujourd’hui, beaucoup d’autistes ne sont pas diagnostiqués : certains leurs collent l’étiquette du retard mental, ou bien encore accusent les parents de mauvaise éducation. Même si les Asperger sont au contraire très intelligents, leur enfance est souvent liée à un retard dans les premiers mots prononcés et des difficultés à rentrer dans une norme sociale. Des jugements qui leurs causent du tort, car n’oublions pas que ce sont des êtres d’émotions, qui sont spectateurs de nos interactions sans les comprendre.

 

Références :

Forgeot d’Arc Baudouin , les interactions sociales dans l’autisme , Cerveau & Psycho n°51 , mai-juin 2012 , p.36

Labruyère Nelly, Hubert Bénédicte, Traitement de l’information faciale dans l’autisme , L’évolution psychiatrique n°74

Crédit vidéo :

Le cerveau d’Hugo , France 2

Planète Autisme , France 5

 

Suite à une licence en sciences humaines, je me suis intéressé à la communication non-verbale. C’est à la suite de quelques erreurs de parcours que j’ai pu voir à quel point la communication était peu vulgarisée et qu’il était facile de faire la promotion de pseudosciences dans les médias. Plutôt autodidacte, j’aime écrire, faire des vidéos et des conférences.
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