Détecter les symptômes d’un AVC grâce au non-verbal

Article invité d’exception aujourd’hui sur un sujet très important : apprendre à détecter les symptômes d’un AVC grâce au non-verbal. Pour ce sujet, j’ai voulu qu’un médecin m’écrive cet article, et c’est le Dr Marc Tomas qui a répondu à l’appel. Cardiologue, Master Coach, Président de l’Institut de Coaching Santé Intégré, coordinateur scientifique en coaching santé à l’université catholique de Louvain, chargé de conférence à la faculté de Namur, en Belgique, c’est avec joie qu’il nous livre ici son expertise médicale pour détecter un AVC.

 

En tant que médecin, la communication non-verbale me parle. Elle me rapproche en effet d’une des sciences de base de la Médecine qui me passionne, la sémiologie.

La sémiologie étudie les symptômes mais aussi les signes que les patients nous communiquent. Une expression du visage, une posture particulière, un tremblement par exemple peuvent nous orienter rapidement vers le bon diagnostic.

 

Qu’est-ce qu’un AVC ?

C’est particulièrement vrai dans une situation d’urgence : l’accident vasculaire cérébral. L’accident vasculaire cérébral, aussi appelé AVC , thrombose cérébrale ou plus simplement attaque cérébrale, tout le monde en a déjà entendu parler.
Beaucoup d’entre nous connaissent un ami, un voisin, un parent qui en a été atteint.
C’est une affection très fréquente : une personne sur 600 fait un AVC chaque année ce qui représente 120 000 personnes par an en France.
Il laisse souvent des traces indélébiles : l’AVC est la cause numéro 1 des handicaps chez l’adulte. C’est aussi la troisième cause de décès dans le monde occidental.
De nature thrombotique ou hémorragique, il consiste en un brutal arrêt de la circulation sanguine dans une partie du cerveau.
La caractéristique essentielle est l’aspect soudain de leur présentation ; un véritable accident. Un coup de tonnerre dans un ciel serein en quelque sorte. La personne concernée se porte bien, même si elle souffre souvent d’hypertension artérielle ou d’hypercholestérolémie préalable.
Et puis, tout d’un coup, le malaise s’installe. Et la course contre la montre commence !
Les dommages cérébraux vont être rapides et irréversibles si on n’intervient pas dans l’extrême urgence. En effet, plus la période pendant laquelle la circulation sanguine cérébrale est interrompue plus les dégâts seront sévères.
Il est donc essentiel que les personnes qui présentent un AVC soient dirigées le plus rapidement possible vers un hôpital équipé pour les recevoir et les traiter rapidement.
Comment s’y prendre pour gagner cette course contre le temps ?

 

Les symptômes précurseurs d’un AVC

Nous avons tous la possibilité d’y contribuer ; en effet reconnaître les signes initiaux est à la portée de chacun. A quoi devons-nous prêter attention ?

Une personne qui présente un AVC va très souvent présenter un des signes d’alerte suivants :
• La bouche est déviée, le coin s’affaisse
• Un trouble soudain de la parole s’installe, des phrases incohérentes et incompréhensibles sont émises
• La personne présente une faiblesse légère ou une paralysie brutale d’un bras ou d’une jambe

Apprenez le test qui sauve : le test FAST (Face-Arm-Speech-Time)

accident vasculaire cérébral symptômes• Demander à la personne de sourire ou de montrez les dents : si elle n’y arrive pas, la bouche déviée ou un coin effondré, c’est peut-être un AVC

 

 

 

détecter un avc• Demander lui d’étendre les 2 bras devant elle : si un bras reste immobile ou retombe, il s’agit aussi probablement d’un AVC

 

 

 

accident vasculaire cérébral• Demander lui de dire : « je sais où je suis et qui je suis ». Si elle n’y arrive pas, l’AVC est probable.

 

 

 

Dans chacune de ces situations, vous avez peut- être entre vos mains l’avenir de la personne. Alors, ne perdez pas une seconde : appelez le 15 (en France, 112 en Belgique et dans toute l’Europe) puis étendez la personne sur le sol, sur le côté, en position de survie en attendant les secours.

Alors, prêt à mémoriser le test ?Le jour venu, vous serez fier de pouvoir aider une personne en difficulté !

Maintenant, il reste une chose à faire : apprenez ce test à 5 autres personnes autour de vous ! Merci d’avance pour cet acte citoyen !

Références :

Accident vasculaire cérébral : synthèse des recommandations de bonne pratique

 

 

Cardiologue, Master Coach, Président de l’Institut de Coaching Santé Intégré, coordinateur scientifique en coaching santé à l’université catholique de Louvain, chargé de conférence à la faculté de Namur, en Belgique
10 réponses
  1. Annelise Sauvêtre
    Annelise Sauvêtre dit :

    Bonjour Marc,

    N’ayant pas eu dans un premier temps les symptômes les plus courants évoqués dans votre article, je me permets d’apporter ma pierre à l’édifice avec le récit de mon AVC fait à l’âge de 22 ans :

    Tout a commencé avec un violent mal de crâne, très soudain. Étant souvent sujette à ce genre de douleurs je ne me suis pas inquiétée plus que ça. La chose inhabituelle a été que la douleur ai persisté sur plusieurs jours, même si la prise régulière de Doliprane la rendait plus que supportable. Le lendemain, j’avais la nuque raide et la sensation d’avoir la tête dans du coton, un peu comme pour un gros rhume, ce que je pensais avoir. Puis j’ai eu la nausée et ai vomi plusieurs fois.

    Au bout de 2 jours, alors que j’avais décidé de consulter un médecin le lendemain, j’ai fini par faire une crise d’épilepsie à 3h du matin, lorsque je dormais. Mon copain, qui a eu la « joie » d’être à mes côtés à ce moment-là, a appelé le 15 (effectivement, maintenant que j’y pense, je crois qu’il m’a dit que j’avais la bouche tombante d’un coté, bizarrement, moi je n’en ai aucun souvenir…)

    J’ai repris connaissance avant que les secours n’arrivent, je me sentais plutôt bien et ne comprenais pas pourquoi il était si paniqué, le pauvre. J’ai finalement été emmenée à l’hôpital où j’ai été diagnostiquée après une artériographie. J’avais donc fait un AVC hémorragique, relativement léger puis qu’après 2 jours j’avais un tache de sang qui faisait « seulement » 5 x 1,5 cm (approximativement la taille d’un pouce) sur le cliché. L’augmentation de la pression intra-cranienne due à cette fuite était à l’origine du malaise.

    Ce n’est qu’après la crise que j’ai eu des soucis de mémoire immédiate, l’épanchement ayant eu lieu dans cette zone. Pour illustrer : le personnel hospitalier pose 4 « questions-tests » on doit d’abord leur serrer la main, dire dans quelle ville nous nous trouvons, qui est le président de la République, et quel jour sommes-nous. Les 3 premiers ne me posaient pas de problème, mais on avait beau me dire la date, 5mn après, j’étais incapable de la donner.

    Je suis restée sous surveillance à l’hôpital 1 semaine, puis j’ai été renvoyée chez moi avec une ordonnance de Doliprane et attendant que l’hémorragie se résorbe d’elle-même, avec suivi à distance sur un an. Suite à ça, je suis restée en mode « poisson rouge » pendant environ 2 mois, mais au jour d’aujourd’hui, à 25 ans, j’ai toujours plus de mémoire que certaines personnes de mon entourage.

    Dans mon cas, il est fort probable que même si j’avais été consulter un médecin dés l’apparition des premiers symptômes, il aurait très bien pu passer à côté, surtout chez une patiente de mon âge.
    Toutefois, je me sens concernée par votre démarche de sensibilisation, et tiens à vous remercier, Xavier et vous !

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  2. Serge
    Serge dit :

    Bonjour Xavier
    En tant que secouriste « premier répondant » dans ma municipalité, j’ai appris à reconnaître ces signes non-verbal de l’AVC. Tu as bien raison d’en faire parler un médecin. En effet lorsque ces signes se présentent nous n’avons pas beaucoup de temps. Tellement peu en fait que la survie et l’intégrité de la victime sont souvent lié à la reconnaissance de ces symptômes, et d’une intervention approprié. Avant même de pratiquer les gestes de sauvetages se sont les signes spécifiquements non verbal qui nous renseignent sur ce qui se passe réellement.
    Bravo pour ta double sensibilisation (langage non verbal et santé). D’autres personnes sauront s’en servir également.

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  3. Deliège
    Deliège dit :

    Belle initiative.
    Connaitre les signaux d’alertes permet de sauver des vies mais aussi la sienne.
    J’ai été moi-même victime d’un AVC il y a deux ans.
    La réalité de connaître les signaux m’a permis de prendre la bonne décision d’aller aux urgences.
    Tout n’a pas été sauvé, j’ai dû redimensionné ma vie professionnelle néanmoins me reste une belle qualité de vie.
    Bonne semaine, Philippe

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