Comportements canins : le non-verbal du chien

« Il ne lui manque plus que la parole, avec mon chien, on se comprend sans se parler ». Même si ce genre de phrase teintée d’anthropomorphisme a tendance à faire sourire, moi le premier, les propriétaires de chiens peuvent maintenant se vanter de pouvoir décrypter leur animal de compagnie favori grâce à la science, et plus particulièrement grâce à la communication non-verbale. Retour sur les comportements canins et sur ce que Rintintin veut nous dire :

 

Les expressions faciales

Une étude américaine récente s’est attachée à étudier les expressions faciales des chiens, notamment sur notre capacité à comprendre les émotions qu’expriment les canidés. L’expérience est simple, on présente des photos d’un chien à qui l’on a provoqué des réactions voulues (réprimandes pour la tristesse, prise d’un médicament pour le dégoût, félicitations pour la joie, etc…) à un panel de personnes, propriétaires ou non d’un chien. Voici Mal, le chien de l’expérience sous toutes les coutures expressives :

comportements canins

Vous pouvez vous-même vous amuser à décrypter ces comportements canins.

Selon Tina Bloom, la psychologue responsable de l’étude, les résultats montrent que les personnes ont été plus aptes à deviner les expressions de joie (88% d’entre eux) et de colère (70%), mais plus difficilement la surprise (20%) et le dégoût (13%). Il a été aussi remarqué que les non-propriétaires de chien sont plus aptes à voir les expressions de colère et de dégoût, sans doute à cause d’un détachement émotionnel dont ne font pas preuve ceux possédant un chien.

 

L’empathie

Qu’est-ce qui peut expliquer le « succès » en tant qu’animal de compagnie des chiens ou des chats ? Une des réponses tient dans les neurones miroirs. Brièvement, les neurones miroirs s’activent dans notre cerveau aussi bien quand nous exécutons une action que lorsque nous observons cette même action. L’exemple le plus notable est la contagion du bâillement : quand vous observez quelqu’un bâiller, vous pouvez être sûr d’effectuer la même action quelques instants plus tard. La faute aux neurones miroirs.

Quel rapport avec les animaux et les comportements canins ? Certains possèdent ces mêmes neurones : les primates, la plupart des mammifères, quelques oiseaux. C’est ces neurones qui vont nous permettre d’établir un lien avec nos animaux de compagnie. Ainsi, si je vous montre ces deux images, et que je vous demande de me désigner lequel de ces deux chiots vous trouvez le plus « mignon » ou « doux » :

comportements canins

Plus de 80% d’entre vous me diront « celui de droite ». Pourquoi ? Car il incline la tête. Et nous savons que les inclinaisons de tête peuvent exprimer de la douceur, nous avons tendance, en situations d’empathie, à chercher avec le corps les expressions du visage de l’autre. Ce même petit chien déclenchera notre faculté empathique en penchant juste sa tête à gauche. Chez l’homme, à partir de 14 mois, l’enfant incline la tête s’il est d’accord avec son interlocuteur, ce qui implique la bonification et le renforcement du contact. Le lien s’établit entre l’homme et ses semblables, entre l’homme et l’animal.

 

La queue du chien : un autre traducteur des comportements canins

Le neuroscientifique italien Giorgio Vallortigara s’est intéressé avec des vétérinaires à étudier la latéralité de la queue des chiens. Quand ces derniers la remuait, Vallortigara comptabilisait les fois où elle allait vers la droite ou la gauche, en notant les différents angles.

comportements canins

Ses résultats vont dans le sens des théories sur l’hémisphéralité. L’hémisphère droit commande la partie gauche du corps, et vice-versa. Il a été observé qu’en cas de stimulation positive, les chiens ont tendance à remuer la queue vers la droite. En cas de stimulation négative, peu de différences et des mouvements réduits.

 

Suite à une licence en sciences humaines, je me suis intéressé à la communication non-verbale. C’est à la suite de quelques erreurs de parcours que j’ai pu voir à quel point la communication était peu vulgarisée et qu’il était facile de faire la promotion de pseudosciences dans les médias. Plutôt autodidacte, j’aime écrire, faire des vidéos et des conférences.
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2 réponses
  1. Jean-Michel rey
    Jean-Michel rey dit :

    De par mon métier, le décryptage des attitudes sont la bases d’une bonne gestion de la sécurité.
    L’ASTD est un lieu de rencontres de diverses obédiences de la sécurité , de la police …je vous renvoie au site et à mon CV rubrique « école  » puis « JMR ».Peut être un partenariat serait’il possible ?

    Jm Rey

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