apprendre à gérer ses émotions

Apprendre à gérer ses émotions avec l’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle est un concept apparu dans les années 90 et notamment popularisé par les ouvrages de Daniel Goleman. S’opposant au quotient intellectuel par tout ce qu’il ne peut pas quantifier comme l’optimisme, la confiance en soi, la motivation, la volonté ou l’ouverture d’esprit, l’intelligence émotionnelle a ouvert un nouveau champ de recherche de la psychologie avec le postulat qu’en entraînant son « quotient émotionnel », on pouvait obtenir des résultats identiques voir bien meilleurs qu’un fort QI. Je vous propose ici d’apprendre à gérer ses émotions en utilisant ce quotient émotionnel :

 

Tout d’abord, qu’est ce que l’intelligence émotionnelle ? Comme je l’expliquais, il quantifie l’inquantifiable scientifiquement, en se concentrant sur notre capacité émotionnelle : notre façon de percevoir les émotions, de les comprendre, d’y réagir et de les gérer. Il a été ainsi remarqué que les personnes à forte intelligence émotionnelle était capable de mieux réussir professionnellement et socialement. Il a été aussi remarqué, grâce à l’expérience de Alice Isen, de l’Université Cornell, que la bonne humeur amplifiait la créativité : après avoir vu un film positif, comme une comédie, des étudiants participants à l’expérience ont pu résoudre une petite énigme en plus grand nombre que dans le groupe d’étudiants visionnant un film n’apportant pas d’émotions positives.

Je vous propose ici les grandes lignes de la compréhension de l’intelligence émotionnelle et les moyens de commencer à l’utiliser :

 

I- Apprendre à gérer ses émotions en les identifiant :

Il ne s’agit pas que de les percevoir, mais il faut savoir aussi les identifier. Imaginez cette scène simple : vous avez appris une très mauvaise nouvelle, vous affichez une mine des moins réjouie. Vous êtes dans la rue, et de l’autre coté de la route, un ami vous remarque et se dirige vers vous, avec un grand sourire : il est apparemment très joyeux. Il vous explique alors dans un petit monologue la superbe nouvelle qui le met tant en joie.

Je parlerais donc ici de ce qu’on appelait « l’intelligence sociale » : il est, de convenance, de ne pas trop s’épancher sur son bonheur… devant des personnes malheureuses. Dans le cas présent, votre ami, même s’il est admirable d’avoir une tel bonne humeur, montre un défaut d’intelligence émotionnelle : il n’identifie pas votre sentiment de tristesse. Défaut de perception, d’identification, ou les deux ? Il y a une différence notable ici entre apprendre à gérer ses émotions et apprendre à gérer ceux des autres.

Il est important de bien comprendre ce premier aspect fondamental nécessaire au traitement émotionnel : « J’ai une bonne nouvelle qui me met en joie, mais je vois que mon ami ne va pas bien. Je lui raconterais plus tard mon histoire, voyons d’abord ce qui ne va pas. »

Nous ne sommes pas tous égaux face à cette perception. Ce n’est pas forcément une question d’une excellente vue ou non, mais plutôt d’éducation émotionnelle. On a ainsi remarqué que les enfants ayant subis des violences étaient plus enclin à percevoir la colère sur des visages n’en affichant pas.

La faculté de mieux comprendre le langage corporel prend tout son sens ici : un outil de compréhension de l’autre plutôt qu’un moyen, comme j’ai tendance à le voir sur plusieurs sites, de prendre l’avantage sur son interlocuteur.

 

II- Apprendre à gérer ses émotions en les écoutant :

Comme je l’expliquais en introduction, provoquer les émotions positives permet d’améliorer sa créativité, et dans un sens plus général, certaines activités cognitives.

Quand j’étais étudiant, je vivais dans une petite pièce de 9m2, et j’avais toute les peines du monde à y travailler. Relire mes cours ou un livre dans un cadre agréable, comme un parc ou une bibliothèque, me stimulait bien plus et m’aidait à mieux restituer mes connaissances.

Encore aujourd’hui, quand je bloque sur un problème, j’essaie au maximum de me détacher de lui un instant et de faire une activité qui m’aidera à retrouver une émotion positive. C’est le cas avec l’article ici présent : je suis actuellement de travailler sur un dossier important qui me cause certains soucis, j’ai donc décidé, car j’aime écrire des notes de blog, de faire une activité qui me relaxe.

La capacité à rester optimiste est une excellente gestion de ses émotions, je vous avais d’ailleurs donné quelques conseils à ce sujet.

 

III- Apprendre à gérer ses émotions en les comprenant :

Vous l’avez tous vaincu à un moment : vous avez été pris en flagrant délit de colère noire ou de tristesse intense, mais quand on vous a demandé la vrai raison d’un tel état, vous n’avez pas été capable de trouver une réponse satisfaisante. C’est la résultante d’une mauvaise compréhension de son fonctionnement émotionnel, car souvent ces états extrêmes partent d’une petite irritation qui a été mal gérée. C’est l’effet boule de neige.

Il y a aussi la mauvaise identification de son émotion. Quand votre patron vous fait une remarque sur votre travail, vous pouvez prendre cela pour une attaque personnelle. A la fin de la journée, vous vous êtes persuadé que votre patron veut votre peau, et vous oscillez entre la colère et la peur. Alors que peut-être que votre employeur ne souhaite que votre amélioration !

Il existe une technique, utilisé lors d’une expérience de la psychologue Lisa Barrett, qui consiste à tenir un journal de ses émotions. Dans ce journal, quand une émotion intense est ressentie, elle est noté avec une valeur comprise entre 0 et 4 correspondant à l’intensité. On a ainsi remarqué qu’en cas d’émotions négatives, on a plus tendance à chercher des solutions pour mieux gérer ces émotions.

 

IV- Apprendre à gérer ses émotions en les utilisant :

C’est une des raisons pour laquelle je prône la recherche de l’authenticité dans la communication : un bon communicant utilisera ses émotions dans sa communication. C’est cette sincérité qui fait la force des grands communicants. Il a été montré par James Gross de l’Université de Stanford, dans les années 90, que réprimer ses émotions n’empêchait pas les réactions physiologiques, mais les accentuaient dans certains cas.

L’utilisation de ses émotions, aussi bien négatives que positives, est un facteur impactant sur la perception de l’intention et du discours.

Prenons un exemple concret, avec le plaidoyer d’un avocat général indigné de voir cette femme sur le banc des accusés :

,

,Son émotion est présente aussi bien sur son corps que sur sa voix. Cela renforce son discours, lui donne de l’humanité.

C’est aussi la manière de gérer l’émotion des autres qui est compris dans ce dernier point. Si l’on reprend mon exemple expliqué dans le premier cas, c’est en montrant de l’empathie que votre ami parviendra à vous aider émotionnellement. Donner pour recevoir, recevoir pour donner: l’intelligence émotionnelle est un premier pas vers l’assertivité.

 

Ce sont des débuts de pistes, mais l’intelligence émotionnelle est maintenant de plus en plus utilisé dans le recrutement, dans la médiation, dans la communication… et même dans les couples ! Il a en effet été vérifié que ceux montrant des aptitudes en intelligence émotionnelle avaient de meilleurs relations avec leurs partenaires.

Complétée avec d’autres outils d’analyses et de développement personnel, elle permet une meilleur entente et compréhension de son interlocuteur. Ce sera sans doute l’occasion d’un prochain article.

 

Arrivez-vous à gérer vos émotions ? Connaissiez-vous le principe d’intelligence émotionnelle ? Comment vos émotions interagissent dans votre communication ?

Bibliographie :

Grewal Daisy, Salovey Peter, L’intelligence émotionnelle, L’essentiel Cerveau & Psycho n°7, p. 14

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6 réponses
  1. Françoise
    Françoise says:

    Encore merci Xavier pour cet excellent article.
    Oui j’ai été amenée à découvrir l’Intelligence Emotionnelle à travers le management. En effet, en tant que Responsable de service, j’étais évaluée chaque année à la fois sur mes compétences (et résultats) ainsi que sur mon aptitude à gérer cette intelligence émotionnelle… Tout un programme, mais cela surprend vraiment au début, surtout lorsque l’on ne vous donne pas le « mode d’emploi » !
    C’est en découvrant certains mécanismes de mon propre mode de fonctionnement face à l’environnement et face aux autres que j’ai pu travailler en toute connaissance de cause. Par contre, je ne dis pas que c’est facile… mais en ayant cette prise de conscience on est sensibilisée et amenée à se demander ce qui nous fait réagir de telle ou telle manière en face d’une situation X ou Y. Cela permet ensuite de chercher à modifier son approche selon la situation.
    C’est très intéressant bien entendu. Cela m’a été très utile au quotidien ainsi que dans la gestion de conflits (à double niveau ascendant/descendant).
    Je lis (enfin) actuellement « La face cachée des émotions » de S. Berthoz & S. Krauth-Gruber pour approfondir le sujet, suite à certaines de vos recommandations d’ailleurs :0). Et à suivre « L’intelligence émotionnelle » de D. Goleman.

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat says:

      En fait, quand on comprend que c’est un tout, que la communication peut être une résultante de notre humeur, d’une bonne gestion de notre émotion et de l’acceptation de l’autre (et de l’amélioration de notre communication en ce sens), tout devient beaucoup plus simple et fluide.

      Excellent choix de livres ;)

      Répondre
  2. Mathieu
    Mathieu says:

    Bonjour Xavier,
    merci pour cet article pertinent qui présente bien les traits principaux de l’intelligence émotionnelle. Pour répondre à ta question: « Connaissiez-vous l’intelligence émotionnelle ? » je dirais que type d’intelligence est tellement fascinant que j’ai crée un blog autour du thème. ;-)

    Si tu me le permets, j’aurai mis le point 3 avant le 2 pour une simple et bonne raison: une fois perçus il faut à tout prix les comprendre avant de les utiliser.
    Mais même dans l’ordre que tu as cité, la qualité de cet article n’en souffre pas !

    A bientôt,
    Mathieu

    Répondre
    • Xavier Ristat
      Xavier Ristat says:

      Bonjour Mathieu,
      J’ai aussi eu l’occasion de voir ton blog pas plus tard qu’hier en visitant les liens de « Body never lies », cela m’a fait plaisir de voir un blog sur ton thème!
      Merci de ton commentaire!

      Répondre

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